Le Blog-notes de Christophe COUNIL

Retour sur le budget du Conseil général (2)

Des propositions oubliées, méprisées et dénaturées

En 2011, dans le cadre d’une démarche constructive le groupe des élus de Gauche avait soumis à la Majorité départementale 15 propositions crédibles et cohérentes extraites du projet départemental « La Sarthe à gauche, c’est l’énergie solidaire ! » que nous avions défendu lors des élections cantonales. Nous avions été plutôt agréablement surpris de l’accueil réservé par la majorité départementale à nos propositions.

 

Un an plus tard, force est de constater que les belles paroles des élus UMP se sont envolées aussi vite que leurs engagements puisque nos propositions ont été totalement oubliées ou pire dénaturées. Seule, une proposition concernant la Prévention spécialisée a été suivie d’effets. Même la moins coûteuse, la mise en place d’un groupe de travail sur les Maisons du Département qui avait pourtant été acté en séance par le Président, n’a pas eu de suite concrète à ce jour.

 

Finalement sous l’ère Geveaux, rien n’a changé. La minorité est redevenue l’opposition et la population n’est jamais consultée sur les projets départementaux …. Une chose est certaine : le Conseil général ne recevra pas le prix 2013 de la Démocratie locale.

 

Emploi – Économie : Une absence de volonté politique

Dans un contexte particulièrement difficile en matière économique, nous attendions que le Conseil général soit plus offensif dans ses orientations et politiques pour soutenir la création d’emplois et de richesses. Le budget ne permet pas de dégager une ligne directrice claire et précise. Comment pouvons-nous contribuer au renforcement de nos pôles d’excellence industrielle comme l’agro-alimentaire ou l’automobile ? Comment envisageons-nous de développer de nouvelles filières en nous appuyant sur la recherche ou sur l’économie verte ? Autant de questions qui restent sans réponses.

 

La frilosité du Conseil général sur le développement de l’énergie éolienne illustre bien cette absence de volonté politique. De nombreux projets terrestres ou maritimes sont en cours de développement dans le Grand Ouest, des entreprises sarthoises s’y investissent en lien avec l’Université, une formation spécifique a été mise en place à Arnage … Pourtant ces entreprises s’interrogent sur leur localisation : « la Sarthe est le seul département de la région qui va nous mettre des bâtons dans les roues, autant aller directement sur le littoral, où là, on sera au moins bien accueilli ! On a l’impression qu’en Sarthe on ne veut pas de nous » expliquait récemment l’un de ces chefs d’entreprise dans un journal local.

 

De même, le soutien à l’économie sociale et solidaire (ESS), qui est basée sur des principes de non lucrativité, de liberté d’adhésion et de gestion démocratique de l’entreprise, ne semble pas être une priorité de la politique économique du Département. Qu’elles soient associatives, coopératives ou mutuelles, ces entreprises répondent aux besoins de la population et contribuent aussi à la création d’emplois et de richesses. Ainsi, rien que sur le Pays du Mans, elles représentent 13 000 salariés soit 13,3 % de l’emploi salarié privé. Nous avons donc demandé que soit établi un diagnostic départemental afin de mettre en œuvre un réel partenariat et soutien à ses activités créatrices d’emploi.

 

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Une politique d’insertion doublement contestable

Sur la question de l’insertion, la politique d’appels à projet mise en place par le Conseil général suscite de nombreuses interrogations qui ont conduit les salariés des associations à manifester devant les grilles de l’Abbaye de l’Épau le jour même de la session.

 

De notre côté, nous avons dénoncé les choix politiques de la majorité qui conduisent, à travers la suppression des ateliers de vie sociale et les exigences très fortes sur les taux de sorties positives vers l’emploi, à mettre de côté les personnes les plus éloignées de l’emploi pour ne s’intéresser qu’aux personnes les plus susceptibles de trouver un emploi.

 

Par ailleurs, le lancement d’appels à projet a conduit à mettre en concurrence des structures associatives peu préparées à cet exercice engendrant une forte instabilité. Alors qu’elles avaient besoin de visibilité, la politique conduite par le Département a totalement déstabilisé ce secteur d’activité où les licenciements se multiplient.

 

La politique d’insertion du Département n’est pas acceptable pourtant les besoins sont très importants du fait de l’explosion du nombre d’allocataires RSA et de la précarisation accrue de nombreux publics. C’est la raison pour laquelle notre groupe a voté contre le Budget insertion 2013 du Conseil général. 

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