C'est avec beaucoup d'émotion que j'ai pris connaissance de l'acte désespéré de cette femme qui s'est immolée devant la prison du Mans pour protester contre l'expulsion vers
l'Arménie de celui qu'elle aimait. L'annonce de sa mort ce matin m'a encore plus bouleversé.
J'ai aussitôt pensé à une autre femme qui est venue me voir il y a quelques mois pour que je l'aide à obtenir
une carte de séjour à son compagnon d'origine kurde vivant dans la clandestinité. Comme dans le cas de Burak, ce jeune garçon que j'ai parrainé avec le Réseau Education Sans Frontières, mes
démarches se sont heurtées au mur du silence. Je n'ai obtenu aucune réponse des autorités préfectorales chargées d'examiner les demandes de ce type.
Je sais bien que « la France ne peut pas accueillir toute la misère du monde » comme l'avait
exprimé Michel Rocard en son temps. Je sais bien qu'une régularisation massive des sans - papiers serait le signal d'une nouvelle vague d'immigration clandestine animée par des passeurs
exploitant la misère. Mais pour autant, les dossiers actuels ne peuvent-ils pas être traités avec un peu plus d'humanité ?
La passion du chiffre qui anime le duo Sarko - Hortefeux en matière de traque aux étrangers n'est pas
acceptable ... elle fait appel aux relents les plus nauséabonds de la mémoire nationale.
Si seulement ce sacrifice pouvait ne pas rester vain !
Dimanche 19 octobre 2008
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