Le Blog-notes de Christophe COUNIL

Au Mans, la ville passe sur le divan avec l’ANPU

Au Mans, la ville passe sur le divan avec l’ANPU

Et si Le Mans avait, lui aussi, besoin de parler de lui ? Depuis le 29 août, La Fabrique – Rêves de Ville accueille une exposition pour le moins originale : « Psychanalyse urbaine, les territoires sont des gens comme les autres ». Une plongée décalée, poétique et participative dans les coulisses d’une discipline imaginée par Laurent Petit et développée depuis près de vingt ans par l’Agence Nationale de Psychanalyse Urbaine (ANPU).

Ici, pas de divan réservé aux humains. Ce sont les villes, les quartiers et les territoires qui passent sur le divan. L’exposition propose de considérer les territoires comme des « gens comme les autres », avec leur histoire, leurs qualités, leurs défauts, leurs blessures, leurs contradictions, leurs désirs et leurs capacités de transformation.

Derrière l’humour et les jeux de mots se trouve une véritable méthode d’observation. La psychanalyse urbaine cherche à recueillir la parole des habitants, à explorer leur imaginaire et à faire émerger une autre lecture de la ville, en dehors des seuls chiffres, cartes et données techniques.

À La Fabrique, le visiteur est invité à découvrir les origines de cette démarche, ses méthodes d’enquête et les différentes expériences menées par l’ANPU au fil des années. Une place particulière est consacrée au Mans, territoire que l’agence explore depuis 2017.

La relation entre l’ANPU et Le Mans ne date donc pas de cette exposition. L’agence était déjà intervenue sur le territoire en 2017, notamment dans le cadre de la Semaine de la culture scientifique et de la Nuit européenne des chercheurs. Ces travaux avaient notamment donné naissance à Songes du Mans, publié en 2020. Une première exposition avait également été présentée à La Fabrique cette même année, avant de fermer prématurément en raison de la crise sanitaire.

Cette nouvelle édition permet de poursuivre cette histoire et de présenter au public l’« esquisse du portrait psychanalytique » du Mans, toujours en cours d’élaboration. Mais cette fois, les habitants ont également été invités à participer directement à l’analyse.

Avant même l’ouverture de l’exposition, l’ANPU et La Fabrique ont installé un immense « divan » au festival Plein Champ, les 4 et 5 juillet derniers. Une centaine de personnes ont ainsi été interrogées par des « psychanalystes en herbe », à partir d’un questionnaire volontairement poétique. L’objectif : faire parler les habitants de leur ville autrement, en s’intéressant aussi bien à ses qualités qu’à ses défauts, ses souvenirs, ses blessures, ses joies ou encore aux rêves qu’ils nourrissent pour son avenir.

Les réponses recueillies ont ensuite été transformées en matière artistique. La psycho-aquarelliste Clémence Jost a réalisé en direct une fresque participative destinée à rejoindre l’exposition de La Fabrique. Une manière de faire entrer directement la parole des Manceaux dans le dispositif.

L’exposition ne se limite pas à une visite libre. Plusieurs rendez-vous sont programmés durant les mois qui viennent.

Le 24 novembre, de 18 h à 20 h, le public pourra participer au Ci-gîte, laboratoire d’échecologie. Le principe est aussi sérieux que ludique : prendre les échecs de l’architecture et de l’urbanisme pour tenter d’en faire émerger des idées nouvelles. Une façon de considérer l’échec non comme un point final, mais comme une matière à transformer.

Enfin, le 4 décembre, un « Forum des conversations qui comptent », organisé avec les Ateliers du Nous, proposera d’expérimenter différentes formes de conversations autour de sujets qui comptent pour les participants.

Conçue par la F.É.É., branche « Hors-Pères » de l’ANPU, avec Fabienne Quéméneur, Clémence Jost et Claire Roullet-Sureau, l’exposition joue ainsi sur plusieurs registres : scientifique, artistique, humoristique et participatif. La scénographie et les illustrations sont notamment signées Clémence Jost, tandis que les textes et les théories associent plusieurs membres de l’ANPU, dont Laurent Petit.

Au-delà du clin d’œil à la psychanalyse, la démarche pose une question finalement très concrète : comment mieux comprendre un territoire en écoutant ceux qui y vivent ?

Au Mans, la réponse passe par les souvenirs, les imaginaires, les petits travers de la ville et les rêves de ses habitants. Une manière originale de rappeler qu’une ville n’est pas seulement faite de bâtiments, de rues et d’infrastructures : elle est aussi faite de récits, d’émotions et de représentations.

« Psychanalyse urbaine – Les territoires sont des gens comme les autres » est présentée à La Fabrique – Rêves de Ville, 5 boulevard Anatole-France au Mans, jusqu’au 2 janvier 2027. L’entrée est libre et gratuite.

 

Retour en images sur le vernissage de l'exposition, le 15 septembre 2026
Retour en images sur le vernissage de l'exposition, le 15 septembre 2026
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Retour en images sur le vernissage de l'exposition, le 15 septembre 2026
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