Le Blog-notes de Christophe COUNIL

Les fusillés de Chateaubriand : du mythe à l'Histoire

Le 20 octobre 1941, près de la cathédrale de Nantes, deux jeunes Parisiens abattirent un officier allemand.  En réaction, l'occupant nazi décida l’exécution de 50 otages. Le choix des "otages" fut laissé à la discrétion du gouvernement de Vichy sur une liste d’une centaine de noms proposés par les Allemands. Le choix du gouvernement de Pétain se porta essentiellement sur des militants communistes détenus dans les camps d’internement de Châteaubriant. Ils furent exécutés le 22 octobre 1941. L’Histoire a plus particulièrement retenu le nom du plus jeune des condamnés : Guy Môquet, jeune militant de 17 ans, fils d’un député communiste du Front Populaire.

 

70 ans plus tard, le Comité Sarthois du souvenir de Chateaubriand vient d’organiser une manifestation du souvenir au Mans à travers une exposition présentée à la Maison de quartier Pierre Guédou et une conférence de Madame Odette NILES, ancienne interné du camp de Chateaubriand (pour la petite histoire, elle fut la petite amie de Guy Môquet durant leur internement à Chateaubriand).

 

Conference-Chateaubriand.jpgAvec Odette NILES et Alain BLANCHARD,

Président du Comité Sarthois Pont Coëffort - Chateaubriand


J’ai participé à ces deux manifestations avec mes élèves du lycée Yourcenar dans le cadre d’un travail sur la mémoire de la Guerre. Ce fut à la fois l’occasion de mettre l’accent sur la réalité de l’occupation nazie en France mais également sur la construction des « Mémoires » de la seconde guerre mondiale en l’occurrence la mémoire communiste de la guerre.

 

En effet, faire de Guy Môquet et de ses camarades des « résistants de la première heure » relève du mythe, puisque la plupart d'entre eux ont été arrêtés en un temps où le Parti Communiste, pris dans la logique du pacte germano-soviétique, n’avait pas encore pris une place importante dans la résistance française. La construction du mythe des Fusillés de Chateaubriand trouve son origine dans une commande du PCF à Aragon, lui demandant de faire des lettres des condamnés « un monument » pour célébrer la résistance communiste.

 

Loin de moi l’idée de vouloir minimiser le martyr des fusillés de Chateaubriand et l’importance des Communistes dans la résistance française mais l'Histoire existe pour rappeler la réalité, aussi tragique ou décevante soit-elle ...


Guy-M--quet.jpg

La lettre de Guy Môquet

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

JPB 08/02/2016 11:18

Malgre le pacte germano sovietique,comme vous le laisser entendre;les communistes ont ete les premiers resistants armes en France;Des sabotages de mines,de triages dans le nord par les FTP,largement avant juin 1941;Quand a Guingouin instituteur communiste fort de 8000 FTP en Correze et massif central,avait pris le maquis en 1940;et qui plus tard fut sali par la presse socialiste de Limoges et son maire(critique par le pc a l'epoque aussi, mais reste droit envers lui),votre patron Mitterrand avait pris part a la curee.H

bubu 08/02/2016 10:36

Quand je pense que votre patron Mitterrand,faisait parti du gouvernement Petain,et que encore fin 1942,du courrier de sa part aux archives depuis,montre son admiration sans bornes pour le Marechal et Laval;Alors que des gens se faisaient deportes,fusilles a la meme epoque par ce gouvernement;faut vraiment etre un pourri pour accuser le parti Communiste de collusion avec les nazis.Qui suivait la ligne sovietique,contre la guerre et contre d'ailleurs les accords de Munich,qui ont precipite la guerre,et dont votre patron se felicitait.