Le Blog-notes de Christophe COUNIL

Action gouvernementale, sénatoriales, réforme territoriale, vie du PS ... l'interview de rentrée de Christophe COUNIL

Le PS de la Sarthe fait sa rentrée ce samedi soir au Mans. Les militants écouteront le discours de Stéphane Le Foll et aussi celui de Christophe Counil, le secrétaire de la fédération de la Sarthe qui déplore la division de la gauche à la veille des sénatoriales.

 

Et si Jean-Claude Boulard n'était pas élu le 28 septembre ? Affaire Treiweiler, Thévenoud, division à gauche, nouveau gouvernement, Le Foll. Le point complet dans cet entretien...

 

"Le Maine Libre" : Affaire Trierweiler, nouveau gouvernement, affaire Thévenoud ... Comment qualifiez-vous cette rentrée ?
A tout point de vue, c’est une rentrée compliquée. J’ai plutôt bien vécu le changement de gouvernement. Mettre de l’ordre dans le gouvernement, ça aurait d’ailleurs pu être fait avant. Mais tout ce qui a suivi donne cette ambiance assez étrange. Je suis horrifié par l’affaire Thévenoud, il n’y a pas d’autre mot. Penser qu’un élu, qui vote l’impôt, ne le paie pas lui-même, c’est sidérant ! Et je trouve que ce dossier a été mal géré.
Il aurait mieux valu mettre en avant la loi sur la transparence qui a permis cette découverte. Car si ce dispositif n’existait pas, c’est peut-être Le Canard Enchaîné qui l’aurait sorti dans trois ou quatre semaines.

Il y a aussi l’affaire des 35 Heures, les propos sur la TVA, les chômeurs fraudeurs.. Quand on fait de la politique à ce niveau-là, on doit savoir gérer son expression publique. On n’a quasiment pas entendu parler de la caution pour le logement des étudiants qui vient d’être décidée. C’est une mesure importante.

 

Sans oublier le livre de Valérie Trierweiler...
Ce livre sème le trouble sur la personnalité du président de la République. C’est terrible car tout cela c’est simplement la vengeance d’une femme qui s’est estimée à un moment blessée et qui étale toute une série de choses pour faire mal. On donne du crédit à ce qui n’est qu’une vengeance, c’est assez terrible. Pour moi, c’est le niveau zéro de la vie politique. Pas question que je le lise.

 

Vous avez lu le livre de Cécile Duflot ?
Non plus. Cécile Duflot n’a rien dit pendant deux ans quand elle était au gouvernement et à partir du moment où elle n’y est plus, elle en dit tout le mal qu’elle peut. C’est une forme d’inconstance.

 

Et vous, vous entendez-vous bien avec les élus verts du Mans ?
Oui, très bien. On est dans la gestion locale et on ne parle pas de ces considérations nationales.

 

Les Verts présentent néanmoins une liste aux sénatoriales contre celle de Jean-Claude Boulard et du PS. 
J’avais proposé il y a un an une vraie union de la gauche pour les municipales, les sénatoriales et les départementales. On est aujourd’hui divisé pour les sénatoriales, il y a un vrai risque. La logique politique du vote pour les sénatoriales devrait faire qu’en Sarthe on ait deux sénateurs de droite et un sénateur de gauche. Là aujourd’hui, l’élection d’un sénateur de gauche n’est pas assurée.

 

Pour quelles raisons ?
Il y a le contre-coup des élections municipales où on a perdu un certain nombre de grands électeurs. Et, il y a la division de la gauche entre le PC et ses divisions internes, et les Verts. L’union n’a pas été possible avec EELV non pas pour des raisons locales ni pour la personnalité de la tête de liste du PS nous ont-ils dit, mais sur des considérations nationales et les désaccords PS-EELV depuis qu’ils ont quitté le gouvernement.

 

Nous nous retrouvons avec trois listes à gauche et cinq listes à droite. Les trois listes peuvent empêcher l’élection d’un sénateur de gauche demain. Chacun a pris ses responsabilités, je le regrette vivement car avec l’union de la gauche, on serait sûr aujourd’hui d’avoir un sénateur de gauche.

 

Vous semblez plutôt réservé sur le résultat des élections...
Aujourd’hui, Jean-Claude Boulard est sur le terrain, rencontre les maires et les élus. Il reçoit un accueil très agréable, courtois. Il a une bonne image de la part des élus. Il a une compétence sur la fiscalité locale que tout le monde reconnait, son combat sur les normes est reconnu. Mais après, on ne sait pas comment cela se traduit dans l’isoloir. Ce que je sais, c’est que la gauche, à se diviser, s’affaiblit. Si ce n’est pas Jean-Claude Boulard qui est élu, ce sera ou Fabienne Labrette-Ménager, ou Christelle Morançais. Chacun doit en être bien conscient. La droite serait renforcée.

 

Vous êtes allé à l’Elysée début juillet pour aborder la question de la réforme territoriale.
La politique gouvernementale sur la réforme territoriale est plutôt brouillonne depuis deux ans. Je suis d’accord sur la réforme, y compris si l’on devait supprimer les départements, mais cette impression de ne pas savoir où on va, c’est un peu désastreux. On a besoin de savoir ce que l’on va devenir. Le conseil général lance un plan collège assez ambitieux ; si en 2016 il n’a plus la compétence collège, que deviendra ce plan ? On a besoin de clarté et que l’on arrête les allers-retours. Je l’ai dit au Président et je sais qu’il en est conscient. J’attends désormais le discours de politique générale de Manuel Valls.

 

On a noté une certaine lassitude de Stéphane Le Foll dans ses déclarations cette semaine.
Stéphane mouille sa chemise. Il n’a jamais alimenté depuis plus de deux ans les débats de façon négative. Il n’y a pas eu de couac de Stéphane Le Foll. C’est quelqu’un de sérieux, qui fait le job comme il faut et le fait de voir ce que font certains autour de lui, je comprends qu’il puisse être parfois désabusé. Mais sa réaction, c’est plutôt sain, finalement.

 

Vous allez vous adresser aux militants samedi soir. Ils doivent être bien déprimés. Qu’est-ce qu’ils vous disent ?
Fin juin, nous avions autant de cotisations qu’au mois de juin 2013. C’est à dire environ 800 adhérents. Il n’y a pas de départs. Je n’ai pas reçu de militants qui déchirent leur carte parce qu’ils ne veulent plus entrendre parler du PS. Il y a des doutes, des questions bien sûr. Les militants sont comme les Français, ils s’interrogent sur le temps qui paraît long pour obtenir les résultats, sur la communication pas toujours adaptée.

 

Le débat sur les frondeurs existe aussi avec les militants. Mais, je dis aujourd’hui qu’il ne faut pas céder au remord du pouvoir, ou regretter d’exercer le pouvoir.

 

Propos recueillis par Serge DANILO,

Le Maine Libre, le 13 septembre 2014

 

Ouest-Fance, le 12 septembre 2014

Ouest-Fance, le 12 septembre 2014

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