Le Blog-notes de Christophe COUNIL

Tranquillité publique : qui fait quoi dans la Ville ?

La Ville et les bailleurs sociaux ont signé, vendredi, une charte définissant les responsabilités de chacun en matière d’incivilités dans et autour des logements.

 

Signature Charte Bailleurs sociaux 2

 

Tous bailleurs confondus, Le Mans compte près de 20 000 logements sociaux. « Pour 95 % d’entre eux, il n’y a pas de problème », assure le maire Jean-Claude Boulard. Mais parce que chacun de nos concitoyens a « le droit de vivre tranquille dans son logement, sa cage d’escalier et aux abords de son immeuble », la Ville et les bailleurs ont décidé de formaliser leurs interventions en précisant le rôle de chacun.

 

Cela a donné lieu à une « charte de tranquillité publique » signée vendredi matin. Pour faire simple, les troubles du voisinage, à l’intérieur des logements, restent du ressort des bailleurs.

 

Des exemples ? Des disputes conjugales, sur fond d’alcool, des fêtes bruyantes dans les appartements. Ou les occupations de hall d’immeubles par des petits groupes. « Pas forcément malveillants, plutôt par désœuvrement. Ça peut être trois ou quatre jeunes qui mangent une pizza dans un hall », rapporte Fabienne Delcambre, la directrice générale de Le Mans habitat. Qui reconnaît aussi que depuis la quasi-généralisation du badge d’accès dans les immeubles, ce type de problème a bien baissé.  Et quand il se produit, c’est la société de gardiennage qui peut intervenir. Le hall d’immeuble est en effet « un lieu privé » où la police n’est pas censée intervenir. Pas plus que les agents du service municipal de tranquillité publique, sauf, si c’est à la demande justement des bailleurs.

 

En revanche, ces mêmes agents interviendront pour ce qui vient « troubler la vie des locataires » à l’extérieur de leur appartement. En informant les services compétents des dépôts sauvages de   déchets, des problèmes liés aux animaux qu’ils constateront. Et puis il y a les voitures ventouses  ou carcasses abandonnées. « On en récupère près de 800 par an sur le parking des immeubles des bailleurs sociaux, donc des espaces privés. » Désormais, une procédure a été mise en place pour signaler ces voitures avant qu’elles ne suscitent des vocations de pyromane.

 

Signature Charte Bailleurs sociaux 1

 

La charte est conclue pour trois ans. Une nouvelle charte est en préparation. Elle concernera cette fois les logements privés. Et sera signée avec les syndics et copropriétés. 

 

Selon les élus et les bailleurs, il n’y a pas de quartier particulièrement touché par les incivilités ou les problèmes de tranquillité publique. « On a clairement identifié une dizaine de cages d’escalier et une quinzaine de responsables sur toute la ville », soutient le maire. Et Christophe Counil, l’adjoint à la tranquillité publique de poursuivre : « Contrairement à bien des idées reçues, ce n’est pas forcément dans les Quartiers que se concentrent les problèmes. Mais davantage sur le coeur de ville. »

 

L’objectif affiché est d’éviter que la situation ne se dégrade. « Ce sont des phénomènes isolés et mobiles qu’il faut traiter pour éviter la contamination, avance le maire. Mais on sait que c’est un travail sans fin. »

 

Laurence PICOLO, Ouest-France, samedi 23 février 2013

Partager cet article

Commenter cet article