Le Blog-notes de Christophe COUNIL

Le 17 mai 1989 ... il y a 20 ans au Mans !

Un anniversaire vient de passer complètement inaperçu. En effet, il y a 20 ans, le 17 mai 1989, le TGV faisait officiellement son entrée en gare du Mans. Le Mans accueillait alors pour la première fois le Président de la République. Pourtant, François MITTERRAND avait déjà fait plusieurs fois le déplacement en Sarthe.


7 juillet 1963 - Banquet républicain à Roëzé-sur-Sarthe

Elu à la faveur de la dissolution de l'Assemblée nationale en 1962, Paul-Albert FOUET nouveau député de la Sarthe siégeait à l'Assemblée nationale dans le même groupe que François MITTERRAND.


Il fut alors naturel pour lui d'inviter son illustre collègue à présider le Banquet républicain qu'il souhaitait organiser dans sa commune. C'est ainsi que le 7 juillet 1963, François MITTERRAND rejoignit plusieurs centaines de convives à Roëzé-sur-Sarthe.


Alors que la veille le son et lumière du Lude accueillait André MALRAUX et Claude POMPIDOU, François MITTERRAND effectuait ainsi son premier voyage officiel dans la Sarthe. Dans son discours devant des élus radicaux, socialistes et socialistes indépendants, il défendit la stratégie de rassemblement des forces républicaines pour proposer une alternative politique au régime gaullien, prélude à la campagne unitaire des élections présidentielles de 1965.


26 février 1973 - Maison sociale du Mans

Devenu 1er secrétaire national du Parti Socialiste sur la base d'un projet commun de gouvernement de la gauche, François MITTERRAND fit le déplacement au Mans pour soutenir les candidats socialistes aux législatives : Jean-Claude BOULARD, Raymond DOUYERE, Paul-Albert FOUET, Marcel LEDEUL et Jean MARGOT.


C'est à la vieille Maison sociale que se tient ce grand meeting de campagne. Raymond DOUYERE se souvient « Nous avions attendu plusieurs heures.  Des participants, lassés, quittaient la salle. Enfin, le bruit courut, il était là ! La foule immédiatement en délire scandait son nom. Oublié le discours d'introduction, oubliée la longue occupation du temps par Albert FOUET qui ne trouvait plus d'idées pour faire patienter ! ».


Sans papier écrit sauf parfois quelques mots sur un ticket de métro, François MITTERRAND tint sous son charme les 2000 auditeurs dont Christian PINEAU et Max BOYER durant plus d'une heure et demie.


1er mai 1976 - Bois de l'Epau

La fête de la Rose du 1er mai 1976 dans les Bois de l'Epau fut un moment important pour les socialistes sarthois : Soleil, débats, concerts dont celui de Catherine LARA ... de quoi réjouir les 5 à 6000 personnes présentes. Mais le point d'orgue de la journée fut une fois encore la venue de François MITTERRAND invité à clôturer cette journée. Souhaitant la victoire de la gauche en Sarthe comme dans le reste du pays, il confirma la nécessité de l'alliance avec le Parti communiste achevant par ses quelques mots « c'est parce qu'il y a un Parti socialiste qui a su redevenir le plus grand parti de la gauche, que l'ensemble de la gauche peut se trouver demain en responsabilités ».


1er février 1980 - Théâtre du Mans

Un an avant les élections présidentielles, François Mitterrand effectua une nouvelle visite en Sarthe dans le cadre d'une tournée des fédérations destinée à soutenir la campagne nationale lancée par le PS pour recruter des militants. Le meeting eut lieu au théâtre le 1er février 1980. Son premier échange avec les militants sarthois se fit sous forme de question : « J'ai besoin de savoir que pensent et ce que sont les socialistes sarthois ? ». Guy-Michel CHAUVEAU, 1er secrétaire fédéral de 1979, lui répondit par quelques chiffres : 12 municipalités, 150 élus, un peu moins de 1.000 adhérents et 23,5% des voix en moyenne.


Dans son discours, François MITTERRAND présenta son engagement pour la France.  « Dans les périodes difficiles, il faut allier le sens des réalités et l'idéal. Nous tenons l'Histoire dans nos mains. Avec Epinay, le congrès de l'unité, cette génération de socialistes a bâti les fondements à partir desquels, pendant ces 20 dernières années du siècle, ceux-ci et ceux-là pourront parachever l'œuvre. Il n'y a pas de société idéale, parce que nous n'avons pas encore rencontré d'homme idéal. Mais, il y a des degrés dans la civilisation et dans la barbarie. »


17 mai 1989 - Le Mans

Journal télévisé en direct du TGV, 5 ministres dans le cortège, tout ce que le département comporte de personnalités sur le quai de la gare, des tireurs d'élite sur les toits ... ce 17 mai 1989 tous les éléments étaient réunis pour que Le Mans vive une journée historique.


Pour la 1ère fois depuis 1980, François MITTERRAND était de retour au Mans pour l'inauguration du TGV Atlantique. Sur le quai de la Gare, Jean-Claude BOULARD, Président de la CUM lui présente le projet du futur centre d'affaire Novaxis. De l'autre côté, des ouvriers ont posé leur marteau piqueur. Le Président les aperçoit et leur fait un petit salut amical.


A la sortie de la gare, un point de rencontre organisé en lien avec l'Elysée, permit au Président de la République d'être accueilli par une centaine de militants, premier bain de foule de la journée. De la place de la mairie aux ruelles du Vieux Mans, la visite est particulièrement chaleureuse. Nouveau bain de foule. Le Président s'arrête pour serrer une main, accepter une rose, admirer une façade ... la force tranquille.


La technologie française était à l'honneur, ce jour-là, puisque François MITTERRAND rejoignit ensuite l'usine mancelle Radiotechnique qui fabriquait des décodeurs pour le satellite de TDF 1. Nouveau et dernier bain de foule avec le personnel de l'usine.


Au cours, de cette journée il évoqua au détour d'un discours ses « escapades en terre sarthoise sans convoquer le ban et l'arrière ban ». Qui savait que la Sarthe avait fait partie de ses jardins secrets ?

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blagman 19/05/2009 22:59

Je m'attendais un article sur le TGV, mais pas tant que ça. Tant pis.
C'est ce qui a permis l'essor du Mans. A l'époque, ça s'est joué entre Le Mans et Alençon, et Le Mans a explosé, alors qu'Alençon a stagné.
Sans le TGV, point de Novaxis et co, et beaucoup d'entreprises ne seraient pas venues ou ne seraient pas restées, c'est certain.
Bref, très bonne oportunité bien saisie ! Ce d'autant plus que Le Mans est au centre d'une belle étoile maintenant.
Le plus compliqué maintenant, ce sera de le garder ce TGV : Avec la déviation autour du Mans (toujours en projet?), les désertes risquent d'être réduites

Christophe Counil 20/05/2009 08:41


Ce sera le deuxièpe volet de l'article dans les prochains jours mais il me manque quelques données chiffreés. ChC