Le Blog-notes de Christophe COUNIL

Six mois déjà ...

Nicolas Sakozy a été élu il y a six mois. Le bilan des 100 jours est déjà loin ; les promesses de campagne aussi. Mais les effets de la « rupture » tar­dent. Elle avait cependant été préparée avec cynisme par le débauchage de personnalités proches ou issues du PS, du milieu associatif ou du monde sportif, dont on s'interroge encore sur l'apport réel à la ligne politique du gouvernement.
 
Dès juillet, le gouvernement a choisi une impasse économique qui l'a privé de toute marge de manoeuvre pour l'ensemble du quinquennat. La loi pour le travail, l'emploi et le pouvoir d'achat, dit "paquet fiscal", avec des mesures à destination des entreprises et des ménages, une incitation au recours aux heures supplémentaires ("travailler plus pour gagner plus"), une forte réduction des droits de succession et un abaissement du bouclier fiscal aura coûté 15 milliards d'euros, somme qui manque cruellement pour préparer la France de demain et la protéger des chocs économiques comme la flambée du prix de l'énergie.
 
Les plus modestes d'entre nous seront particulière­ment pénalisés par l'instauration de franchises médicales non remboursées sur les médicaments, les actes paramédicaux et les transports sani­taires, sans que le déficit de la Sécurité sociale, proche de la faillite, ne soit efficacement com­battu.
 
La réforme des régimes spéciaux de retraite dans les services publics se heurte à une forte résis­tance des syndicats et a déclenché des grèves massives qui révèlent les limites de la loi sur le service minimum dans les transports terrestres en cas de grève.
 
C'est toutefois dans le domaine de la justice et de l'immigration que la rupture avec la tradition républicaine a été la plus forte : la loi antirécidi­ve a créé des peines plancher pour les récidivistes et écarté, dans certains cas, les réductions de peine pour les mineurs de plus de 16 ans. La loi Hortefeux destinée à durcir les conditions du regroupement familial des étrangers a inclus notamment un dispositif très controversé sur les tests ADN. Ces mesures font honte à la République.
 
Quant aux décisions en faveur de la protection de l'environnement retenues lors du "Grenelle de l'en­vironnement", concernant l'agriculture, la biodi­versité, les transports, l'énergie, les déchets et une taxation d'activités polluantes, on mesurera leur crédibilité lorsque le projet de loi sera pré­senté au Parlement et lorsque les actes succéde­ront aux mots.
 
De même, en matière institutionnelle, on voit que la rupture annoncée pour décembre se heurte au conservatisme de l'UMP, qui ne veut ni d'une vraie proportionnelle à l'Assemblée nationale, ni d'une vraie réforme du Sénat, encore moins d'une limi­tation du cumul des mandats ou du droit de vote des étrangers aux élections locales, que de toute façon, Nicolas Sarkozy n'a aucunement l'intention de proposer.
 
Enfin, les élus locaux se mobilisent fortement contre un gouvernement qui n'a que faire des ter­ritoires, de l'aménagement équilibré des régions ou d'une remise en ordre de la décentralisation. Ils sont aussi déterminés sur la réforme de la carte judiciaire qui prévoit la suppression de nombreux tribunaux. Ils jugeront sur pièce le refus de la majorité de refonder sur de nouvelles bases les relations financières entre l'Etat et les collectivités locales qui sont dorénavant indexée sur la seule croissance.
 
L'heure des comptes commence à sonner et ce n’est que début …

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